Respect des volontés du résidant atteint de troubles cognitifs. Recommandations Conseil d’éthique FEGEMS

Respect des volontés du résidant atteint de troubles cognitifs. Recommandations du Conseil d’éthique, Genève : Fédération genevoise des EMS, novembre 2012, 33 p. www.fegems.ch/documentation/?cat=ethique

voir aussi "Etablissements médico-sociaux. Malgré la maladie, le choix du résidant prime",  Tribune de Genève, 20 mars 2013, p. 17, cliquer ici

Sommaire et extraits 

L’EMS, les professionnels, la famille, les proches et, en dernière analyse, la société civile, sont placés face à des exigences éthiques parfois contradictoires, dans une relation asymétrique de pouvoir vis-à-vis du résidant :

  • Respecter ses volontés, ses choix et ses préférences (respecter son autonomie
  • Le soigner, le soulager, l’accompagner, assurer son bien-être dans la vie quotidienne (principe de bienfaisance)
  • Le protéger, assurer son hébergement, sa sécurité (principe de non-malfaisance et faire respecter ses droits

Accessibles, axées sur la pratique, dans un style pédagogique, les recommandations du Conseil d’éthique de la Fegems se veulent une aide à la décision afin de permettre aux professionnels des établissements de s’approprier une méthode de réflexion éthique pour répondre aux questions :
-  Comment devons-nous agir ?
-  En fonction de quelles valeurs retenons-nous ou rejetons-nous cette solution ?

pp. 5-9
Définitions et concepts
-  Le résidant atteint de troubles cognitifs
-  Le respect des volontés du résidant atteint de troubles cognitifs
-  La capacité de discernement *)
-  Qui évalue la capacité de discernement ?
-  Les directives anticipées
-  La volonté présumée
-  Les droits de la personnalité
-  L’institution EMS et le résidant atteint de troubles cognitifs
-  Les professionnels de l’EMS
-  La famille, les proches

pp. 10 -12
La gestion des situations de conflit éthique (conflit de valeurs)
Le Conseil recommande le canevas suivant qu’il utilise lors des demandes d’avis d’une équipe ou d’un EMS
1.  Réfléchir, partager, se concerter au sein du colloque multidisciplinaire ...
2.  Identifier les différents niveaux du conflit éthique,   poser les termes de la discussion …
3. Formuler  au moins trois scénarios possibles (« sortir du binaire » ou du dilemme) clarifie, pour chaque scénario, les objectifs  visés, ses conséquences prévisibles (positives, négatives) et les valeurs privilégiées ou négligées.
4.  Prendre les décisions  de manière collégiale, avec le résidant dans certains cas, ses proches, la famille, son éventuel représentant, son soignant de référence, les membres de l’équipe multidisciplinaire.
5.  Choisir l’option ou le scénario  qui respecte au mieux les valeurs  des acteurs de la situation - résidant, proches et professionnels. …
6.  Argumenter la décision ….
7.  Analyser à posteriori  …..

pp. 13- 29  
Six situations de conflit éthique ….. réelles et emblématiques en illustrantles principaux aspects éthiques et commentant la situation et les scénarios possibles et finalement retenues:
Refus de médicaments , Contrainte (contention sur chaise pour éviter chutes ?), Alimentation par sonde ou non ? Violence (imposer port refusé de prothèse dentaire ?), Intimité (informer épouse de comportement intime dégradé de son mari résidant en EMS ?), Sécurité (enfermement  résidant à trouble psychiatrique n’acceptant pas et ne comprenant pas pourquoi il ne peut plus renter

p. 31
En conclusion
L’évocation de ces situations et de leurs scénarios possibles montre qu’aucune décision ne peut être totalement satisfaisante, dans la recherche du respect des volontés du résidant atteint de troubles cognitifs et de ses valeurs. Les scénarios adoptés ont paru aux acteurs concernés, dans leur contexte et à ce moment-là, la meilleure décision… ou la moins mauvaise ! D’autres en auraient probablement décidé différemment.

Ainsi, l’inconfort éthique ou moral -la tension éthique- fait partie du quotidien des proches et des professionnels accompagnant le résidant souffrant de troubles cognitifs. L’important est de prendre, ensemble, la décision qui paraît la plus « juste » par rapport aux valeurs en cause. Enfin, la manière de prendre la décision 26 (concertation interdisciplinaire, respect mutuel, argumentation éthique) peut être aussi importante que la décision elle-même.

*) voir définition p. 6 ou de manière plus complète: "La capacité de discernement et son évaluation. Outil simple à l’intention des médecins et des professionnels des EMS" La lettre de l’AMG mars 2013 – numéro 2, pp. 6-7

news créée le mercredi 20 mars 2013